Plusieurs propositions d'étymologie germanique.

Tout d'abord, deux interprétations sont à rejeter.

C'est ainsi que les habitants du hameau GUERDOU, en Bretagne, ont une origine locale n’ayant rien à voir avec le sujet. Je l’ai démontré en remontant au patronyme d’origine, GUERDÜ. Dans ce cas, il existerait plusieurs possibilités de signification à partir de la langue bretonne : GWER (vert ou verre) et DÜ (noir ou épuisé de faim). Mais on notera qu’aucun rapport de famille entre les axonais (habitants de l'Aisne) et ces bretons n’a  été mis en évidence. Pourtant, on le verra, une vraie famille GUERDOUX a bel et bien existé à Brest, mais sans aucun rapport avec les GUERDOU-GUERDU ! C'est une étonnante mais simple  convergence due au hasard !

Par ailleurs, les interprétations à partir de racines du sud-est de la France sont clairement erronées. Elles proviennent de l’observation très superficielle d’un groupe de GUERDOUX dans cette région, dont nous reparlerons. Il y a manifestement une confusion avec le patronyme GUERDON, qui, lui, est vraiment du Sud-Est.

Notre Famille.com (Filae) les a reprises à son compte, de manière, encore actuellement (2020) disons …. hâtive. Car si GUERDON existe dans le sud-est, il n’a ni la même origine, ni la même signification que GUERDOUX. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que la confusion est faite dans l'acte de naissance de Victor César VENLO (reconnu GUERDOUX par la suite). Il porte GUERDON sur ce qui peut être considéré comme une note-repère du préposé. On le retrouvera plus tard.

Mais venons-en à l'origine germanique.

Jean TOSTI , de Geneanet, m’a d'abord proposé que l’origine soit WARDWULFF. Mais il semble que ce surnom dérive plutôt vers JARDOUX, sans le G initial dur.

Selon Jean-Louis DEGA http://fr.groups.yahoo.com/group/Noms_rouergue/?yguid=141651691 GUERDOUX serait la forme picarde de l'ancien nom de personne d'origine germanique GERWULF ou GERTWULF, où le G initial est resté dur comme en allemand. GER, GERT pour "lance" et WULF pour « loup », la signification pourrait alors être « Lance au Loup ». 

Enfin (2018), une nouvelle proposition vient d'émerger, à nouveau sur Geneanet, par Jean TOSTI. Le patronyme "pourrait correspondre au nom de personne germanique Gardulfus, fréquent dans les chartes médiévales".


Récemment (février 2019) , Vincent BRANGBOUR m'a indiqué que les trois formes n'en forment probablement qu'une seule, au gré de variations orthographiques et sonores ( War/Ger) ou de latinisation (Gardulfus). On notera qu'actuellement, GERWULF est aussi bien un prénom qu'un patronyme, que l'on rencontre en Allemagne ou aux USA.

En tous cas, l'origine germanique n'a rien d'étonnant. A la suite des invasions du Vème siècle qui détruisent l'Empire romain d'Occident, de nouvelles populations cohabitent avec les anciennes. Des changements culturels se produisent. Par exemple, le système à trois noms de la Gaule, d’origine romaine est abandonné. Il n’y a désormais qu'un nom individuel, qui ne se transmet pas d'une génération à l'autre. Cependant, au X ème siècle un processus de création des noms de famille s'amorce. Face aux problèmes engendrés par un trop grand nombre d'homonymes, le nom individuel est peu à peu accompagné par un surnom. Avec l'usage, ce surnom tend à devenir héréditaire. Ce phénomène se rencontre d'abord parmi les familles nobles, puis s’élargit à l’ensemble de la population. A partir du XVe siècle, un long processus de fixation des noms de famille s'amorce. Par ailleurs, le pouvoir politique réglemente progressivement l'existence des noms de famille. En 1474, Louis XI interdit de changer de nom sans une autorisation royale. En 1539, François Ier promulgue l'ordonnance de Villers-Cotterêt. Celle-ci rend obligatoire la tenue de registres d'état-civil. Cette tâche est confiée aux curés, le Clergé constituant la seule « administration » présente dans tout le royaume. En fait, la décision royale officialise et généralise une pratique déjà en usage depuis le siècle précédent, principalement dans les villes. En avril 1667, dans l'« ordonnance touchant réformation de la justice » (aussi dite « ordonnance de Saint-Germain-en-Laye » ou « Code Louis ») la tenue des registres en double exemplaire est rendue obligatoire par Louis XIV. Ils commencent donc souvent en 1668, ou à une année proche. Pour la grande majorité des français, les informations d’avant Louis XIV sont rares et d’autant plus recherchées (texte écrit à partir de plusieurs sources).