L'histoire de Jean-Baptiste.

Jean Baptiste, est un frère de Léger. Est-il le Jean Baptiste qui figure dans une liste de « guillotinés » classiquement disponible sur Internet :

GUERDOUX Jean Baptiste, ancien secrétaire du ci-devant prince de Conti, département de la Seine, condamné à mort, comme émisseur de faux assignats, le 23 juin 1792, par le tribunal criminel du dit département.

J’ai trouvé aux archives de la Préfecture de Police de Paris, son écrou à la Conciergerie, un peu plus tôt, en janvier 1792.

Ce document identifie bien Jean Baptiste : le lieu de naissance est très reconnaissable, Maccigny (pour Macquigny), en Picardie. L’âge est parfaitement compatible : 56 ans en 1792, cela donne une naissance en 1736. Alors que la naissance du frère de Léger   est en 1735.

J’ai ensuite obtenu un résumé de son procès, avec des erreurs :

Procédure contre Philippe LA BONNE, commis marchand, ancien secrétaire du prince de CONTI, Jean-Baptiste GUERDEUR, et contre les sieurs BRUN et BERRY, absents et contumax, les deux premiers, prévenus d'avoir, de complicité avec le nommé BERRY, cherché à escroquer des marchandises aux sieurs Jacques GUAY cadet, et HEBERT, à l'hôtel d'Aligre, en les payant avec 51 faux assignats de 2,000 livres chaque, et jugement du Tribunal criminel du Département de Paris, les condamnant à la peine de mort et ordonnant que les 51 faux assignats, déposés au greffe comme pièces à conviction, seront brûlés en présence de l'un des juges du Tribunal.

Le compte rendu complet de ce procès figure aux Archives Nationales : il m'a été communiqué, comme les documents qui suivront, par Arlette BROSSARD.  Il est très détaillé et assez moderne dans la forme.

Tout d'abord il indique en détail (13 pages !)  l'achat d'un lot de tissus par Philippe LA BONNE. Jean Baptiste intervient ensuite pour prêter un local pour les entreposer . Ensuite, il est considéré comme complice d'un paiement en faux assignats

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Le compte rendu du procès s’étend sur plus de 20 pages. En résumé :


"Du 23 juin 1792 : jugement contre LA BONNE, GUERDOUX, BERRY et HEBERT

Louis par la grâce de Dieu et par la loi constitutionnelle de l’état, roy des français."

On précise les noms des acteurs : le gendarme Degoutte, le juge de paix Claude Le Seigneur, le commissaire de police Marie CAFFIN

Seuls LA BONNE et GUERDOUX sont présents :à plusieurs reprises, ils affirment que les faux assignats viennent de BERRY. Tout est noté dans le détail : LA BONNE mange un morceau de pain et boit un verre de vin. On décrit longuement un imbroglio de rendez-vous ratés et remis à plus tard. La marchandire trafiquée est de la mousseline, payée par berry avec 51 faux assignats de 2000 livres. Ils ont repérés par une différence de jambage d’une lettre M.

Et, à la fin,

« le tribunal après avoir entendu le commissaire du Roÿ condamne Philippe LABONNE, Jean Baptiste GUERDOUX, BERRYet BRUN à la peine de mort conformément a l’article deux de la sixième section du titre premier de la deuxième partie du code pénal lequel est ainsi conçu : que quiconque sera convaincu d’avoir contrefait des papiers nationaux ayant cours de monnaye ou d’avoir contribué sciemment à l’exposition des dits papiers contrefaits ou a leur introduction dans l’enceinte du territoire français sera puni de mort ».

Jean Baptiste a donc été condamné à mort en juin 1792 pour avoir été complice de l'utilisation de fausse monnaie

 Les états ont toujours été très sévères dans ce domaine régalien et la complicité était aussi rigoureusement punie que l’auteur des faits…. Qui était absent, rappelons le.


Cependant, Jean-Baptiste  n’a pas été exécuté à cette date. Il a été tué lors des émeutes des 2 et 3 septembre 1792 à la Conciergerie .

HISTOIRE DES GIRONDINS Et DES MASSACRES DE SEPTEMBRE (digitalisé par l’Université de Californie, à Los Angeles).

Etat nominatif, par ordre alphabétique , des prlsonniers mis à mort a la prison de la Conciergerie , les 2 et 3 septembre 1792; établi d'après les trois listes dressées par le concierge de la prison, certifiées par lui , ainsi que par le commissaire de police de la section du Pont-Neuf, et faisant partie du volume D, n. 78, des Archives de l’Hôtel de Ville de Paris.

Il n’a pas eu la chance d’être libéré, comme la plupart des prisonnières et quelques rescapés. Selon Marie Christine PENIN il est probable qu’il a été enterré au cimetière de Clamart aujourd’hui disparu www.tombes-sepultures.com/crbst_865.html.

Un autre document le concerne et  confirme le lien avec le prince de Conti. Un contrat de mariage (Arlette Brossard) montre que Jean Baptiste habite Paris où il s'est marié en 1766 avec Louise Françoise TIRATEL. Les deux époux signent.

Guerdoux jean baptiste Tiratel signatures

La séparation de leurs biens a été prononcée en 1780 pour une raison inconnue. Peut-on imaginer qu'il avait déjà des activités douteuses? En tous cas , il a été condamné aux dépends. Il est alors commis à la trésorerie du prince de Conti.

 Cet acte a été transcrit par FGW ( Sandy Andriant). Il montre que son épouse est picarde comme lui. Elle est veuve d’un premier mariage en 1749, à Hirson.

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Et on trouve Jean-Baptiste également comme éditeur de musique !

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Tout ce dossier fait de Jean-Baptiste une vedette incontestable de l'histoire du patronyme !

Une version ancienne et incomplète de mes recherches été mise en ligne par Louis TREMOLIERES, sans donner de lien avec ce site. Contacté, il ne m'a pas répondu jusqu'à présent (juin 2020), probablement trop occupé par les tentatives de reconstruction du donjon de Coucy.