Pierre François et la branche du sud-est.

Au début de mes recherches, en feuilletant l’annuaire téléphonique, j'ai eu la surprise de trouver des GUERDOUX à Marseille. Le patronyme était-il bi-phylétique ? L’aide de Marcelle RUIZ a été décisive pour montrer que non. Puis j'ai eu l'aide précieuse de Gilbert MICHEL (Gilberto) de la liste "Italie".

En remontant à Marseille de GUERDOUX actuels, il a été possible de montrer qu’ils descendent tous de Marie Marguerite, fille de Pierre François et de Marie THERY, mariés en 1795 à Toulon. Pierre François est le fils de Pierre Sébastien 1725.

guerdoux thery

Pierre François, troisième fils de Pierre Sébastien est né à Thenelles.

ADA 5Mi 1555 (1751-1790) vue 135. 

L’émigration est donc certaine. Une hypothèse tentante est d’imaginer que Pierre François a suivi son frère militaire, Etienne Florimond, jusqu’au siège de Toulon, en 1793. J'ai donc cherché donc à savoir si le régiment de ce dernier était présent dans cette affaire qui a révélé le jeune Bonaparte. Mais je n'ai pas trouvé ! Un petit indice a cependant été relevé : deux militaires sont témoins de son mariage.

Le couple a une fille, Marie Marguerite, en 1799 à Toulon. Je n’ai pas trouvé d’autre enfant, pas plus que le décès de Pierre François

Toujours en remontant des GUERDOUX de Marseille, on a vu que Marie Marguerite et sa mère ont quitté Toulon pour Marseille. La mère, Marie THERY , y est d’ailleurs morte en 1836. En revanche, Pierre François n’y est pas mort.

A Marseille, Marie Marguerite a eu des enfants hors mariage. Il en est ainsi de Victor César VENLO né de père et mère inconnus, le 16 août 1828.Cet acte est intéressant à plusieurs titres. Tout d’abord, par le patronyme VENLO, arbitrairement donné à cet enfant né de parents d'abord inconnus. 

J’ai trouvé que le rédacteur inventif affublait d’autres enfants dans ce cas de noms très divers. Par exemple, celui de batailles de la Révolution et de l’Empire ! Il en est ainsi pour VENLO, ville des Pays-Bas prise par les troupes françaises en 1793.

Le deuxième détail intéressant, c’est ce GUERDON qui est manifestement une erreur, comme on peut en être certain, dans la note en marge d’après l’acte de reconnaissance et d’après celui de la naissance à Toulon de Marie Marguerite. Cette mention erronée a-t-elle été ajoutée au moment de la reconnaissance ? Plus probablement au moment même de la première déclaration, car l’écriture est homogène.Le rédacteur devait savoir que la mère viendrait reconnaître l’enfant et j’imagine qu’il a mis une annotation pour retrouver l’acte auquel il faudrait ajouter une note.

Il est d’ailleurs amusant de noter que la sage-femme, présente, ne pouvait pas ignorer de quelle mère était l’enfant. De plus, les trois autres enfants illégitimes de Marie Marguerite , des filles , sont directement attribuées à leur mère. Je ne sais pas à quoi correspond cette déclaration en deux temps .

  

 

Il a été reconnu, comme indiqué en marge de l’acte de naissance, le 26 août. Et l' acte de reconnaissance ci-dessus ne laisse aucun doute : GUERDOUX est alors très net, en titre et dans le texte.

Marie-Marguerite, la petite repasseuse fille-mère, était tellement devenue familière à Marcelle RUIZ et à moi, que nous l’avions surnommée Margot ! Elle finit par épouser tardivement François DAUMAS, un aubergiste. Aucun témoin de l’ensemble des actes ne permet de faire une hypothèse sur le nom du père de Victor César.

En revanche, on a pu le relier aux autres GUERDOUX du sud-est, dont il est le point de départ . La descendance est  importante et n’est pas restée localisée à Marseille: on trouve des GUERDOUX au moins à Aubagne et à Apt. Il est probable que des compléments seront apportés, car j’ai eu assez peu de chance avec beaucoup des porteurs actuels du patronyme, qui, contactés, n’ont pas donné suite. 

On remarquera que l'existence importante du patronyme dans le sud-est est relié à une seule mère non mariée et à un seul de ses enfants. L'effet fondateur est donc ici réduit à sa plus simple expression . Et si elle avait été mariée à ses débuts, il n'y aurait pas de GUERDOUX dans le sud-est !

guerdoux marseille

Dans cette branche, il reste une énigme, celle de Thomas. Je l'ai découvert via Gallica sur l'Indicateur Marseillais qui s'intéresse aux commerçants de la ville.  Il est cité sur ceux de 1874 à 1878, restaurateur rue Thiars. A partir de 1879, à cette adresse, figure Victor aussi restaurateur . Si l'on n'avait que ces indications, Thomas pourrait être envisagé comme un frère de Victor César Venlo. Pas son père qui serait trop âgé. Pas un cousin non plus puisque Marguerite, sa mère, n'a pas de frère. 

Thomas, un frère donc de Victor ? Mais l'on n'en trouve aucune trace ni dans les actes de naissance, de décès ou de mariage, ni au mariage tardif de sa mère. Pas non plus dans les recensements de 1876 et 1881 où, par contre, figurent Victor et sa famille, rue Thiars, lieu du commerce. Par exemple en 1876, alors même que le restaurant est au nom de Thomas !.

guerdoux victor recensement 1876 marseille

Ce mystérieux Thomas reste donc virtuel. J'ai deux hypothèses. La première liéé à la résidence de Victor en 1858 et 1861, 105 rue Thomas, lors de naissance de filles. Pour une raison inconnue, l'Indicateur Marseillais  aurait confondu le prénom avec une ancienne adresse. La seconde hypothèse est d'imaginer que Victor se faisait appeler Thomas, pour une raison inconnue. 

Il reste à consulter les listes électrales.